"Le gouvernement joue avec le feu": pourquoi la hausse du Smic est vécue comme une "double peine" par les patrons

Le Smic va augmenter de 2,4% à compter du 1er juin, soit environ 34 euros net en plus à la fin du mois. Il va s'élever à 1.478 euros net. L’annonce a été faite par le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou mercredi qui salue "bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat des Français" payés au salaire minimum.
Une hausse "mécanique", car le salaire minimum est indexé sur l'inflation. Une bonne nouvelle pour les plus de 2 millions de salariés du privé payés au Smic. Peu importe le montant, une augmentation du SMIC est toujours une bonne nouvelle pour Aïcha.
“C’est mieux que rien. On peut faire quelque chose avec 45 euros”, souffle-t-elle.
45 euros brut, soit environ 34 euros net par mois. Vraiment pas de quoi être satisfait selon Raphaël et Dany. “Je ne sais pas ce qu’on va pouvoir s’acheter en plus. Mais ce n’est pas assez”, indique le premier. “Tout est bon à prendre. Mais bon on donne là, on prend ailleurs, c’est triste pour l’inflation qu’il y a derrière, le prix de l’énergie… C’est une miette”, confie Dany.
Mais cette hausse est une moins bonne nouvelle pour les employeurs, ainsi que pour les caisses publiques, car la facture des allègements de charge sur les bas-salaires gonfle quand le Smic augmente.
Le gouvernement, qui veut faire des économies, réfléchit donc à un coup de rabot sur les allègements de charge. Cette revalorisation du Smic fait gonfler la note pour les comptes publics de 1,5 à 2 milliards d'euros puisque les allègements de charge coûtent plus cher à mesure que le Smic augmente, et elles englobent aussi plus de salariés. Pour quelqu'un payé 2.000 euros, la hausse du Smic au 1er juin entraîne 25 euros d'allègement supplémentaires, et pour quelqu'un payé trois fois le Smic, c'est même 120 euros
Un manque à gagner alors que le gouvernement cherche six milliards d'économie pour faire face aux conséquences de la guerre en Iran. Selon nos informations, deux options sont sur la table, et elles risquent de décevoir les entreprises qui pouvaient s'attendre à des allègements supplémentaires. Il s’agirait soit d’un gel total de ces allègements, soit un gel concentré sur les plus hauts salaires, ce qui ferait économiser un milliard d'euros. Ce serait une erreur, s'alarme le patronat qui est vent debout.
“Je pense que le gouvernement joue avec le feu. C’est un coût du travail encore plus élevé pour les entreprises et donc tout ça mécaniquement, si les entreprises elles défaillant et elles ne s’en sortent pas elles licencient, elles ne recrutent pas”, explique Michel Picon, président de l’union des entreprises de proximité, les syndicats patronaux sont en colère.
Pour le porte-parole du Medef national, Charles Znaty, c’est une difficulté de plus pour les entreprises. “Double peine pour les patrons. En réalité, pourquoi il y a des allègements de charge sur les bas salaires en France? C’est parce que la France par rapport aux autres pays de l’OCDE est le pays où les entreprises supportent un coût du travail qui est le plus élevé au monde. Donc l’Etat, qui se préoccupe de la compétitivité de nos entreprises, introduit un allégement des charges notamment sur les bas salaires et ça permet aussi de fluidifier le marché de l’emploi”, indique-t-il ce jeudi sur RMC.

Cette mesure d’économie budgétaire n’est pas encore actée. Mais selon les informations de RMC, une décision devrait être prise assez rapidement.
RMC




